JOURNAL HAYTON

Internement des prisonniers de guerre

En septembre 1939, le gouvernement de la IIIe République y interne des ressortissants allemands et autrichiens, vite transférés dans les camps du Sud de la France du fait de l’avancée des troupes allemandes. A partir de juillet 1940, les Allemands utilisent le bâtiment en forme de U pour interner des prisonniers de guerre français et britanniques puis des « ressortissants de puissances ennemies » (civils anglais et du Commonwealth). En août 1941, la politique allemande de représailles des « menées judéo-bolchéviques » entraîne l’arrestation de nombreux juifs de l’est parisien. Le bâtiment en U leur est exclusivement réservé : le camp des Juifs est créé. A partir de l’été 1942, il devient le principal camp où sont rassemblés, en vue de leur déportation à Auschwitz-Birkenau, les Juifs raflés sur tout le territoire français. De juillet 1942 à juillet 1943, les convois partent de la gare de Drancy-le Bourget. Jusqu’à cette date, la gestion du camp est confiée aux autorités françaises – la surveillance est assurée par la gendarmerie. A partir de juillet 1943, avec l’arrivée à Paris d’un nouveau dirigeant nazi, Aloïs Brunner, la gestion du camp est reprise par les services allemands. Le régime de détention est modifié et Brunner choisit aussi un nouveau lieu de départ pour Auschwitz Birkenau : la gare de Bobigny. Au total, sur les 74 000 juifs déportés de France, 67000 sont partis de Drancy, essentiellement vers Auschwitz-Birkenau.





DRANCY, LA CITÉ MUETTE 

"Le meilleur moyen de faire oublier l'histoire d'un lieu est de le rendre habitable."
La Muette est une cité HLM de la région parisienne. Pourtant derrière ces murs se cache l’ancien camp de Drancy où près de 80 000 juifs furent internés avant d’être envoyés pour la majorité d’entre eux vers les camps de la mort. Les habitants d’hier et d’aujourd’hui s’y croisent comme si la tragédie était attachée à son sol et à travers le temps ...

Le propos du film 
La Muette est une cité HLM banale, comme il en existe des centaines en région parisienne. Pourtant derrière ces murs se cache une douleur incommensurable depuis plus de soixante dix ans. Celle que l’on appelle la cité de la Muette, est «muette» parce qu’on a voulu taire son histoire sordide en réhabilitant ses murs. Comme si rien ne s’était jamais passé, comme si les lieux n’avaient pas de mémoire.
A première vue rien d’anormal, des locataires vivent dans ce bloc de béton recouvert de peinture vieillie qui s’élève sur quatre étages. Sauf que cette cité anodine est en réalité l’ancien camp de concentration de Drancy ou près de 80 000 juifs furent internés. Et qu’elle est l’un des seuls camps d’internement en Europe aujourd’hui habité...
Réhabilité à la va vite en logement social au lendemain de la guerre, cet ancien camp d’internement est devenu l’un des loyers les plus bas de la région parisienne. Près de cinq cents personnes habitent toujours ici dans des conditions précaires. Des retraités, d’ancien SDF mais aussi des malades mentaux vivent au rythme des commémorations et côtoient les anciens internés venus se recueillir. Les habitants d’hier et d’aujourd’hui s’y croisent comme si la tragédie était attachée à son sol...


La réalisatrice : Sabrina Van Tassel
Journaliste grand reporter, elle a signé plus d’une trentaine de reportages pour Canal+, France 2, M6, depuis 2004. Elle est également réalisatrice de documentaires : Mariées pour le pire (2004), Les soldats perdus de Tsahal (2008), La Tribu de Rivka (2010) et La Cité Muette (2015).
«J’ai découvert l’existence de la cité de la Muette en 2006 pendant le tournage de mon documentaire «La Tribu de Rivka». Je voulais venir sur les lieux du camp de Drancy, haut lieu de la déportation en France, où la quasi-totalité des juifs déportés avaient séjourné avant de partir pour les camps de la mort. 
J’étais persuadée qu’il ne restait plus rien. Juste une plaque commémorative - comme sur le site du Vel d’hiv - qui indiquerait le lieu et les évènements qui s’y sont déroulés. J’étais persuadée que tout avait été détruit depuis plus d’un demi-siècle. 
En arrivant sur place, j’ai été abasourdie de voir que la cité était intacte et que des gens vivaient dans ce lieu de douleur. Pendant des heures, j’ai erré à travers la cité, avec en tête, une foule de questions à poser : qui étaient ces gens qui habitaient 
ça ? Pourquoi n’était-ce pas un musée ? Pourquoi n’étais-je pas au courant de l’existence de ce lieu, moi pour qui le seul mot de Drancy évoquait immédiatement la déportation et la mort ? 
Comme happée par le lieu, j’y suis retournée le lendemain. Des enfants jouaient autour du wagon de déportés, installé devant la Cité. J’ai imaginé que d’autres enfants à une autre époque s’étaient aussi retrouvés là. Ceux-là avaient été séparés de leurs parents et erraient au milieu de la cour en attente de leur sort... 
Au gré des rencontres, j’ai appris l’histoire du lieu. L’histoire de ses habitants, ceux d’hier et d’aujourd’hui. L’idée de faire un film en mettant en parallèle l’histoire du camp et celle de la cité m’est apparue comme une obligation. Et si ce lieu racontait à lui seul le mutisme d’une nation entière sur son histoire ? Celle d’un camp français gardé par des gendarmes qui maltraitaient les internés. Un lieu au passé sordide qui héberge aujourd’hui les personnes les plus vulnérables de notre société. 
Y-a-t-il un problème déontologique à vivre dans un ancien camp ? Qui, s’il avait le choix, voudrait y vivre ? Les habitants connaissent-ils la véritable histoire de ce lieu que certains réduisent à un simple camp de transit ?
Mon approche a été de raconter l’histoire de ce camp de concentration comme un voyage dans le temps, entre passé et présent. En suivant les anciens internés aujourd’hui, en retournant avec eux sur les traces de leur passage, les différents visages de Drancy apparaissent au grand jour et mettent en parallèle la vie et l’histoire des habitants de la cité à l’heure actuelle. Ce lieu peut-il être maudit et n’engendrer que du malheur ou au contraire doit-il être réhabilité pour que la vie reprenne son cours ? Seul le spectateur en sera juge...»

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

SEES année 40 ...OCCUPATION

MONGOLS ARMEE ALLEMANDE....

Sées Nos quatre gendarmes